

Les socialistes de Villepinte tiennent à saluer la mémoire de Sonia Guelblum. Notre amie nous a quittés récemment. Militante socialiste, elle a œuvré toute sa vie durant pour améliorer la vie des villepintois. Nos pensées vont vers Albert, son époux, ses enfants et petits enfants. Nous nous associons à leur peine. A eux, ainsi qu’à tous ses proches, nous présentons encore une fois nos très sincères condoléances.
Le débat sur l’identité nationale voulu par Besson n’est pas « nécessaire ». Il n’a même pas lieu d’exister. Ce qui est nécessaire c’est le projet de société que nous voulons mettre en place, en d’autres termes, ce qui est nécessaire, c’est le discours politique. Encore faut-il qu’il soit humaniste, démocrate et universel. L’identité nationale repose sur un partage du monde en deux catégories : « nous », les « français » qui nous reconnaîtrons des caractéristiques propres, et l’autre, l’étranger, reconnaissable à ce qu’il est dépourvu de ces caractéristiques. Il s’agit donc d’opposer ces deux parties de l’humanité. Nous refusons de partager l’humanité en catégories. Et l’Histoire nous rappelle à quelles monstruosités cette opposition conduit.
Historiquement, les revendications identitaires ont été utilisées par des groupes rejetés du reste de la société et de son fonctionnement : les femmes au début du XXème siècle, les noirs-américains dans les années soixante, etc. Ces groupes demandaient la reconnaissance et la considération, et poussaient jusqu’au conflit avec la société qui les excluait. La France n’est exclue d’aucun débat d’organisation de la société. Elle siège dans toutes les instances internationales régissant les règles de fonctionnement du monde. La France s’est constituée par vagues successives de mouvements humains. Mais ces mouvements ont toujours suscité de la crainte dans les rangs des plus réactionnaires. Cette fameuse peur de l’inconnu… La peur de l’étranger, envahisseur et dangereux, est donc la seule raison de poser la question de l’identité nationale, de poser comme une interrogation à laquelle des réponses trop simplistes sont apportées, ce qui fait que nous sommes « nous » et pas « les autres ».
Et ce qui fait surtout d’être fier d’être ce « nous »… Il est à noter que la fierté d’être français (« il faut réaffirmer la fierté d’être français », E. Besson ), par définition, suppose de mépriser le reste de l’humanité. Il faut rappeler aussi qu’on ne peut être fier seulement de ce que nous accomplissons, on ne peut pas être fier du hasard ou d’une situation. Paradoxalement donc, n’en déplaise à Monsieur Besson et à tous les membres du gouvernement, les seuls français pouvant se targuer d’une quelconque « fierté d’être français » sont les immigrés, qui, après un parcours difficile, choisissent la France comme pays d’adoption, qui leur offre la liberté et la démocratie.
Il n’y a pas de danger à ne pas revendiquer une appartenance à un groupe d’individu particulier, qu’il soit géographique, national, ethnique, sexuel ou religieux. Au contraire, puisqu’une telle revendication est contraire à la notion de « vivre ensemble ». Il est en revanche fondamental de se servir de l’histoire, de la culture, des références communes d’une société pour comprendre le monde et se projeter dans l’avenir. Il ne s’agit surtout pas de nier les particularités culturelles, historiques et politiques de la France. Il ne s’agit surtout pas de refuser l’attachement au pays, aux symboles et aux valeurs qui ont fait et qui font la France, et qui font que nous l’aimons. Il ne faut juste pas oublier que la France s’est construite par son histoire, toute son histoire. On peut se reconnaître dans les Lumières ou le bon vivre paysan d’antan, les plats typiques de nos régions et l’appel du 18 juin, mais c’est oublier que la France c’est aussi la sanglante répression de la Commune de 1871 ou la collaboration de Vichy… Faire appel à quelques symboles pour apporter une réponse simpliste et synthétique à la question « Qu’est-ce qu’être français ? » anéantit la réflexion permanente que doit se poser tout citoyen quant à sa place dans la société, dans le pays, l’Europe et le monde, et du rôle qu’il a à y jouer. Car être français c’est d’abord être citoyen.
« L’identité nationale » ne sera toujours qu’un mythe, puisque toute identité se recompose en permanence. La France d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et pas encore celle de demain : par exemple, la peine de mort était appliquée en France jusqu’en 81, elle faisait partie de son « identité ». Aujourd’hui c’est son refus et son combat qui sont appliqués par la République, qui lui appartiennent et qui demeurent unes de ses particularités. La Nation française est le résultat de ce que les hommes ont construit tout au long de l’Histoire. La Nation française repose sur des bases culturelles communes, notamment littéraires, des valeurs communes, comme la République et ses grands principes de laïcité, de solidarité et d’égalité. Elle repose également sur l’idée de destin commun, de construction collective de l’avenir, et c’est là que réside le projet politique.
Utiliser des revendications identitaires à des fins politiques pour établir un projet de société est dangereux, et conduit au pire. Refuser « l’identité nationale », en soit, fait partie de notre discours politique. L’identité nationale française a ceci de particulier qu’elle nie sa propre existence, cependant que la richesse du monde est constituée d’autant de particularités historiques, culturelles et politique des membres qui le composent. La France a écrit, au XVIIIème siècle, la Déclaration des droits de l’Homme, et non-pas des droits des français. Son message est universel. Etre français, citoyen européen, et par essence, citoyen du Monde, c’est vouloir comprendre l’Histoire pour servir le présent et construire le futur.
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